Le 4 février 2026, Philippe Tabarot, ministre des transports, et Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, ont reçu le rapport « Logistique urbaine durable 2025 » réalisé par Anne‑Marie Idrac et Anne‑Marie Jean.
Le rapport offre un diagnostic précis des défis encore à venir de la logistique urbaine et dessine une feuille de route ambitieuse renouvelée pour en faire une fonction pleinement reconnue des politiques territoriales. Le rapport émet 15 recommandations et identifie cinq leviers de transformation : gouvernance, formation, connaissance, foncier et déploiement opérationnel.
A l’occasion de la remise du rapport, Anne-Marie Jean a déclaré : « La logistique urbaine ne peut plus être considérée comme un sujet technique ou sectoriel : elle est devenue structurante pour l’avenir et la qualité de vie des villes. C’est pourquoi nous proposons de renforcer la formation des élus et techniciens des collectivités, afin de mieux outiller les acteurs publics. Il s’agit également de progresser en matière de gouvernance et de développer le dialogue public-privé à l’échelon local comme au niveau national. »
Anne-Marie Idrac a complété : « Une logistique performante est un gage de compétitivité pour toute l’activité économique d’un territoire. Nos travaux montrent la nécessité de s’appuyer sur la co-construction entre acteurs publics et acteurs économiques. Il s’agit désormais de reprendre la main, pour passer d’une phase de montée en puissance à une phase de déploiement et de pérennisation des actions engagées. »
Le gouvernement a annoncé mettre en œuvre de premiers chantiers, décrits dans un communiqué de presse, et a fixé un rendez-vous pour un CILOG.
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Résumé du rapport « Logistique urbaine durable 2025 »
La logistique urbaine est un élément indispensable à la vie quotidienne des territoires. Assurant l’approvisionnement, les livraisons de marchandises et l’évacuation des déchets, elle se caractérise par une grande diversité au service des commerces, des services publics, des entreprises et des habitants. Il s’agit d’une fonction vitale, au même titre que la mobilité des personnes, l’énergie ou le logement. Elle conditionne à la fois la compétitivité et le fonctionnement des villes et la qualité de vie des citoyens.
Cet enjeu se situe au croisement de plusieurs politiques publiques majeures : vitalité économique, amélioration de l’environnement, utilisations des espaces de circulations, qualité de l’air, maîtrise de l’empreinte foncière… méritant des approches transversales. La logistique urbaine ne peut plus être considérée comme un sujet technique ou sectoriel : elle est devenue structurante pour l’avenir des territoires.
Ces dernières années ont été marquées par des exigences nouvelles : tensions sur les espaces urbains dans le contexte et de la mise en œuvre du zéro artificialisation nette (ZAN), règles nationales et européennes sur les motorisations des véhicules et préparation de la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE), économie circulaire, mutations des modes de consommation et des pratiques commerciales, avec notamment le e-commerce, acceptabilité par les citoyens. Toutes ces mutations impliquent d’améliorer l’efficacité à la fois écologique et économique de la logistique urbaine.
Depuis la publication du premier rapport « Logistique urbaine durable » de 2021, de nombreuses dynamiques positives ont émergé, la plupart soutenues par plusieurs programmes d’accompagnement : montée en compétences des collectivités, mobilisation accrue des professionnels, co-création de chartes territoriales, essor de la cyclologistique, verdissement des flottes routières, expérimentations de solutions multimodales, émergence de nouveaux modèles de relations entre acteurs des chaînes logistiques.
Ces avancées encore fragmentaires doivent être renforcées dans la durée pour au moins quatre raisons : le portage institutionnel reste inégal ; l’hétérogénéité des pratiques pénalise l’efficacité collective ; les sujets majeurs du foncier et du partage des données n’ont pas progressé à la hauteur de leur importance ; les réorganisations et changements de pratiques à opérer sont si profonds qu’ils nécessitent du temps.
Afin d’actualiser et de renforcer les orientations collectives, le présent rapport propose d’ouvrir une nouvelle étape pour la LUD en articulant cinq leviers structurants :
- Une gouvernance renforcée permettant des dialogues constructifs entre acteurs publics et privés à toutes les échelles ;
- La formation, afin de doter élus, techniciens et entreprises des compétences indispensables à ces dialogues ;
- La connaissance, via le partage de données, d’indicateurs et de standards communs ;
- Le foncier, pour affecter et sécuriser les espaces adaptés à l’efficacité économique et écologique des fonctions logistiques ;
- L’accélération du développement de solutions sobres et décarbonées; grâce à la co-construction publique privée, à la commande publique, aux soutiens aux professionnels et à l’accompagnement des collectivités
Les constats et propositions formulés dans ce rapport soulignent la nécessité d’un engagement collectif et durable autour d’une gouvernance partagée, reposant sur une affirmation des responsabilités réparties entre l’État, les collectivités et les acteurs économiques.
L’ambition est double :
- Proposer un cadre stratégique lisible, reconnaissant la logistique urbaine comme une fonction fondamentale au service de l’économie locale, de l’environnement et du quotidien des habitants ;
- Fournir des outils concrets pour passer d’une phase de montée en puissance et d’expérimentation à une phase de déploiement et de pérennisation des actions engagées, adaptée à la diversité des territoires. Pour ce dernier point, il apparaît essentiel de pouvoir s’appuyer sur la poursuite et l’évolution du programme InTerLUD, en capacité d’accompagner le passage à l’échelle des démarches territoriales.