22 juin 2026 – France Logistique publie une analyse inédite sur les transformations logistiques du e-commerce en France.
Le constat est implacable : Temu et Shein, inconnus il y a cinq ans, pèsent déjà plus de colis livrés en France qu’Amazon. Chaque jour, plus de 2 millions de petits paquets venus de Chine (d’une valeur moyenne de 6 €) inondent le territoire. C’est une rupture sur tous les plans, y compris pour la logistique.
En ce qui concerne la logistique, ces modèles disruptifs de e-commerce reposent sur deux ruptures :
- Le « direct shipping » : zéro stock, zéro entrepôt, zéro ancrage. Les produits sont fabriqués en Chine à la commande, expédiés par avion et livrés en dix jours. Résultat : une structure de coûts optimisée, une agilité maximale, et une présence logistique quasi nulle sur le sol français.
- L’intégration verticale : la chaîne de valeur est avalée de bout en bout. De nouveaux acteurs s’installent et court-circuitent les opérateurs logistiques traditionnels. Même la logistique du dernier kilomètre est désormais dans leur viseur.
Ces modèles remettent en cause l’organisation logistique du e-commerce, avec des impacts et des risques bien réels : fuite de valeur par le contournement du territoire et des entreprises françaises, dumping social et impact environnemental.
Ces nouveaux acteurs posent une question de souveraineté, qui appelle à l’action. Il faut :
- Amplifier l’action au niveau européen. Les mesures nationales isolées (comme la taxe française sur les petits colis) sont contournées en quelques semaines. Seule une réponse coordonnée à l’échelle de l’UE peut préserver nos intérêts et assurer des conditions de concurrence équitables. De premières mesures ont été engagées : elles doivent maintenant porter leurs fruits.
- Faire respecter nos normes. Droit du travail, sécurité des produits, normes environnementales : les textes existent et doivent être appliqués. La France et l’Europe doivent agir pour défendre leurs modèles et leurs règles.
- Accompagner la transformation de nos entreprises. Les acteurs de la logistique « made in France » sont sous pression. Soutenir leur développement, leur compétitivité et leur capacité d’innovation, c’est défendre des emplois, des savoir-faire et une infrastructure essentielle à notre souveraineté économique.
La logistique n’est plus un enjeu technique. C’est un enjeu de souveraineté. Le temps n’est pas à l’observation mais à l’action.