30 mars 2026 Constance Marechal-Dereu

Crise au Moyen-Orient

Une crise en trois temps : géopolitique, logistique, économique

30 mars 2026 – A la veille du salon SITL 2026, Anne-Marie Idrac, présidente de France Logistique, publie cet éditorial.

Une crise en trois temps : géopolitique, logistique, économique

« La crise géopolitique se répercute en crise logistique : ports à l’arrêt, fermeture des voies de passage maritimes, espaces aériens inaccessibles, diminution de 20% de la capacité mondiale en fret aérien, augmentation de tous les coûts de transport… Révélant une fois de plus le caractère stratégique de la logistique, cela a des conséquences sur tout le commerce international et donc sur toute l’économie.

La crise au Moyen-Orient affecte d’abord les échanges commerciaux avec la région : pour la France, importations d’hydrocarbures ou d’engrais, exportations de produits cosmétiques ou alimentaires… Mais plus encore, la zone constitue un carrefour pour l’ensemble des flux mondiaux : l’obligation de la contourner allonge et renchérit les grandes routes intercontinentales. Les transporteurs et logisticiens rivalisent d’agilité pour proposer des solutions alternatives afin de maintenir autant que possible la possibilité de commercer.

Autre impact sur la logistique, l’augmentation brutale des prix du carburant qui représente quelque 30% des coûts du transport routier. Le Gouvernement a pris de premières mesures pour répondre aux besoins de trésorerie des entreprises du secteur ; ces surcoûts ont vocation à être répercutés à toute l’économie, rappelant que tout ce que nous produisons ou consommons repose sur le bon fonctionnement des chaînes logistiques.

Ces chocs interviennent alors que la filière est engagée dans le grand chantier de la décarbonation. Aux côtés du report modal et d’une meilleure organisation des flux et des stocks, l’électrification du transport routier offre à moyen/long terme une perspective de réduction des dépendances énergétiques. La trajectoire passe par de nombreux défis opérationnels, la réduction des coûts et leur partage au long des chaines de valeur. La mobilisation de tous, entreprises et acteurs publics, est plus que jamais nécessaire pour faire de l’électrification un succès collectif.

S’adapter en permanence, innover et permettre à tout le pays de fonctionner : voilà ce qui animent les entreprises du transport de marchandises et de la logistique, avec leurs 1,8 millions de salariés en France. La filière a rendez-vous pour son salon annuel, ce 31 mars, grâce au SITL.

J’y accueillerai les ministres Philippe Tabarot et Sébastien Martin, et je partagerai avec eux un message simple : compétitivité, responsabilité, souveraineté – il faut gagner ensemble sur tous les plans. »

Anne-Marie Idrac

Présidente de France Logistique

 

Crédit photo : Unsplash / Zbynek Burival

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